Le 29 mai 2026
Par Cécile Rossard
L’analyse du CICUR sur les programmes italiens
Nous vous proposons la lecture d’une analyse du CICUR relative aux nouveaux programmes italiens.
Voici quelques extraits pour en saisir le point de vue :
« L’impact potentiel de ce que le CICUR appelle la « politique des savoirs » (l’action publique relative aux savoirs scolaires) apparaît plus clairement à la lecture des nouveaux programmes italiens (…) mis en œuvre à la rentrée 2026. Des choix forts ont été opérés par le gouvernement de Giorgia Meloni, dans l’exercice légitime des responsabilités qui lui sont attribuées. Si ces choix existent, c’est parce que l’on croit dans l’impact qu’ils peuvent avoir sur la société. Les autorités italiennes ont manifestement « pris au sérieux » les savoirs scolaires et les enjeux de pouvoir qui leur sont liés. »
Les auteurs nous partagent quelques exemples de propos tirés de ces programmes sur les conceptions de l’histoire, de la liberté…
« La liberté, lit-on aux pages 7 et 8, est la valeur la plus importante qui caractérise l’Occident et sa civilisation depuis sa naissance entre Athènes, Rome et Jérusalem». L’école devra donc former des élèves capables de comprendre « le principe de l’autorité, conquête de l’homme libre ». Ou encore, « Seul l’Occident connait l’Histoire » en précisant entre autres qu’à travers les outils d’investigation historique « la culture occidentale a été en mesure de devenir maître intellectuelle du monde, de le connaître, de le conquérir pendant des siècles et de le modeler » (p. 53).
De quoi réfléchir … à l’heure où de nouveaux projets de programmes sont en cours de délibération dans notre pays.
Un docu sur l’égalité homme-femme dans les cours d’EPS.
Le documentaire “Laisse pas ton corps au vestiaire”, s’immerge dans une maternelle, une école primaire et un lycée où des profs prônent l’égalité en cours d’EPS. Un bon support de réflexion, comme le montrent les réactions lors des projections. Ici la bande annonce.
L’e-sport à l’école…
Nous reprendrons les propos de Guillaume Dietsch et Arnaud Devezeaux relayés dans les cfés péda.
« D’un côté on s’inquiète des effets des écrans sur le développement et la santé mentale (décrétée Grande cause nationale en 2026), de l’autre on institutionnalise au sein même de l’école une pratique fondée sur le temps d’écran, la sédentarité et la captation de l’attention.
À rebours d’une « culture du temps » que le philosophe Pierre Caye (Seul le temps nous appartient, 2024) appelle de ses vœux, où l’on réapprendrait à ménager des temporalités longues et de la disponibilité intérieure, l’école risque de se faire le relais d’une culture de l’instant, de la stimulation permanente et de la distraction organisée.
Se joue en réalité une bataille politique autour de ce que l’école fait du temps et des corps des élèves. Une autre voie est possible : celle d’une école qui permettrait aux jeunes de se (re)connecter à eux‑mêmes, aux autres et au monde, au lieu de les arrimer toujours davantage à des flux d’images, de données et de compétitions virtuelles. La notion de résonance proposée par Hartmut Rosa (Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, 2012) rappelle que la relation au monde ne se réduit pas à l’interaction médiée par les écrans, mais suppose de la présence, de l’altérité, de l’humain« .
C’est bien sur cette voie du corps à l’école que la CFDT se mobilise depuis des années.
Il nous semble important de rappeler :
– Que l’école n’a pas attendu l’e-sport pour proposer des activités largement sédentaires…
– Que l’école a du mal à penser le « jeu » comme une modalité d’apprentissage à part entière… Elle fait ici une tentative… bien singulière, où d’ailleurs, l’aspect compétitif reste premier.
– Que l’école relaie les tendances à l’empilement de dispositifs de « trouvailles », sans souci de pertinence ni de cohérence. Dérive qui en effet, s’inscrit dans un rapport au temps court.
– Que la question du corps à l’école, centrale dans nos propositions syndicales est une grande oubliée de ces dernières décennies. La relation à soi, aux autres, au monde sensible est une priorité.
Vous trouverez aussi dans un article du Monde, la réaction des coprésidents de la commission Enfants et écrans, Amine Benyamina, psychiatre et addictologue, et Servane Mouton, neurologue. Ces derniers s’indignent du projet de Matignon d’intégrer les jeux vidéo aux parcours scolaires et éducatifs.
Sur la question du temps, vous pouvez retrouver nos « épisodes »
Le sport tout court : Un éclairage de Jamy
Dans cet épisode, Jamy et son équipe explore de nombreux mécanismes impliqués dans la course à pied (bioméca, physio, alimentation…) et aborde aussi la question de l’addiction .
Un écho à notre précédent partage « pourquoi se fouler à courir », que vous retrouverez dans les pistes de lecture de janvier