Le 29 octobre 2018

Par Cécile Rossard

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Le point de vue de l’AEEPS sur les propositions de programmes du lycées :

« Globalement, [les membres de l’AEEPS] partageons en partie ce projet avec toutefois certaines réserves quant à la matrice disciplinaire. Nous aurions besoin de précisions pour pouvoir nous prononcer définitivement sur certains concepts. Selon le sens qu’on leur attribue, notre position pourrait être différente »

Nous relevons dans leur propositions de modifications des points qui nous semblent particulièrement intéressants. Par exemple…

Les membres de l’AEEPS questionnent la désignation d’expérience corporelle pour désigner la culture du « savoir se préparer et savoir s’entrainer à pratiquer, seul ou à plusieurs », « il ne nous parait pas judicieux. La notion de compétence méthodologie et sociale ou de compétence transversale serait préférable pour rendre compte de ce champ éducatif » (extrait du communiqué).

– Ils proposent une reformulation de certaines phrases du texte qui apportent des éléments essentiels selon nous. Apport de la notion de rapport au corps dans la finalité, apports de la notion de plaisir de pratiquer… plutôt qu’une dynamique de santé… De regard sur les pratiques corporelles plutôt que le patrimoine culturel, etc.

– Ils amènent une distinction selon nous nécessaire entre s’entraîner et s’exercer, et la place de l’EPS dans ces logiques.

Nous conseillons une lecture plus approfondie, jusqu’aux propositions sur les options et l’AS.

Une circulaire au BO  enfonce le clou sur l’interdiction du téléphone portable

La circulaire précise que l’interdiction du téléphone portable s’applique à l’EPS, et aux sorties

« L’interdiction s’applique à l’ensemble des écoles et collèges et couvre la totalité de leur enceinte. Elle porte sur tous les équipements terminaux de communications électroniques : téléphones de toutes générations, montres connectées, tablettes, etc. Elle s’applique également aux activités liées à l’enseignement organisées en dehors de l’établissement scolaire, par exemple l’éducation physique et sportive, les sorties et les voyages scolaires« .

 » Le règlement intérieur peut toutefois autoriser, à titre dérogatoire, l’utilisation du téléphone portable dans des lieux et circonstances qu’il précise. Ces dérogations peuvent, à titre d’exemple, porter sur les usages pédagogiques des outils numériques, lorsqu’ils sont décidés par un membre de la communauté éducative et encadrés par lui à des fins éducatives ».

En EPS, nous pensons à un usage par exemple en course d’orientation. Si cela semble pertinent pour votre établissement, pensez à faire voter ces mesures au Conseil d’Administration afin qu’elles intègrent le règlement intérieur.

« Le règlement intérieur peut également autoriser l’utilisation de leur téléphone portable par les élèves pour contacter leurs parents en cas d’urgence. Le règlement intérieur précise dans cette hypothèse le lieu où ces appels peuvent être passés. »

Pensez à l’Association sportive par exemple...

Certificat médical, fin de la demande d’électrocardiogramme pour le Rugby !

L’arrêté du 24 juillet 2017 précisait qu’ « En compétition ou hors compétition, il (l’examen médical) est complété par la réalisation d’un électrocardiogramme à la première délivrance de licence à partir de 12 ans, puis, tous les 3 ans jusqu’à 20 ans« 

Est remplacé par l’article A231-1 du code du sport.  » De 12 à 39 ans, en compétition ou hors compétition, une attention particulière est portée sur « l’examen cardiovasculaire, l’examen du rachis« .

Cette modification devrait permettre de redonner du souffle aux AS Rugby notamment.

Ressources pédagogiques 

Evaluation en EPS : Comment intégrer l’évaluation au processus d’apprentissage ? Comment baliser et renseigner le parcours de formation de l’élève ? Un exemple de terrain proposé.

Revue AEEPS est sortie, avec notamment un article sur les jeux traditionnels à feuilleter.

Sur leur site Facebook, des interventions également de André Canvel- Inspecteur Général de l’Éducation Nationale, Président du CAPEPS externe  : « L’évaluation : quels bénéfices pour quels coûts ? »

Billet d’humeur…

Quand notre ministre fait le parallèle entre la compétition sportive et l’éducation…

« Quand il s’agit de sport, le mot n’est plus tabou ; il y a des compétitions, des évaluations, et tout le monde comprend que l’on mette la barre haut, à commencer par les enfants. Il n’y a pas de raison de ne pas faire de même pour les enjeux scolaires, dès lors que l’on n’entre pas dans des caricatures qui n’ont jamais correspondu à mes idées. »

D’après le dictionnaire Larousse, le terme compétition peut être défini comme tel :
– Épreuve sportive mettant aux prises plusieurs équipes ou concurrents​
– Concurrence entre des organismes, des populations ou des espèces pour l’utilisation d’une ressource.

Autant de définitions qui montrent que ce mot ne devrait pas avoir de lien avec l’école…

« Mettre aux prises… » : c’est effectivement ce que fait l’école qui sélectionne. Mais est-ce son rôle ? Quel intérêt de hiérarchiser les enfants censés tous pouvoir grandir sur ce chemin de l’école, chacun à leur rythme… ? Est-ce  un chemin sur lequel il faut pousser son voisin, connaître les raccourcis et les astuces pour arriver plus vite et plus haut que l’autre… ? Et que fait alors cette école des perdants ? Ah oui, elle crée plusieurs épreuves, déjà hiérarchisées, pour donner l’illusion de ne faire perdre personne… D’autres l’ont dit avant moi : « Il n’y a pas de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin » (LaoTseu). Mais il ne parlait sans doute pas de réussite scolaire…

« Concurrence… pour l’utilisation d’une ressource » : Heureusement, que ce soit les ressources externes – savoir, compétences… – leur utilisation n’est pas limitée. L’usage par l’un ne retire pas l’usage par l’autre (excepté pour déposer un brevet, mais il ne me semble pas que nous en soyons arrivés là à l’école). Pas plus que ne sont limitées dans leur utilisation l’intelligence, la curiosité, l’épanouissement, le lien social, etc. Pas la peine de se battre, plus on les partage, plus on les vit, plus il y en a !

Pour réflexion… :

Mon neveu a été « promu » en équipe « une » au foot ! Il était content, fier de cette reconnaissance sociale et compétitive qui coule déjà dans ses veines.
Il est resté sur le banc tout le premier match… Il était blessé, dans son coeur où bat encore quelque chose qui ne ressemble pas à la dualité de ce monde, « t’es bon, t’es nul », et à son hypocrisie qui tend à la masquer par de grandes valeurs. Il veut jouer, progresser, partager, rire avec ses copains et être fier des barres franchies, petit à petit.
Non, tous les enfants ne comprennent pas…

Compétition et évaluation ne sont pas à confondre…